Introduction

Introduction

Les locuteurs de la langue lama dans le nord du Togo se réfèrent à leur langue et à eux-mêmes comme Lama (Lamʋ, au singulier). Ceux de l’extérieur les appellent Lamba. (Le suffixe -mba désigne «les gens au pluriel» quand un nom se termine par une nasale.) Certains des premiers linguistes ont appelé le peuple Lamba et la langue comme Losso, mais Losso désigne plus probablement les Nawdba, qui vivent au sud de la région Lama. Selon Ethnologue, il y a environ 260.000 locuteurs lama (2006-2012).1

La langue Lama est classée sous le groupe Grusi, du groupe est de Gur (ou Voltaïque) des langues Niger-Congo. Les Lama parlent trois dialectes différents, centrés dans les villes de Kandé (Kande, Kante, Kantè), Défalé, et Kadjalla. Pour en  savoir plus, consulter: https://en.wikipedia.org/wiki/Lamba_people.

La ville de Kandé est située 465 kilomètres (289 miles) au nord de Lomé, la capitale du Togo, sur la route internationale nord-sud. Cette ville est le siège de la préfecture de la Kéran, dans la partie septentrionale de la région de la Kara. Sept cantons sur les  neuf cantons de la Kéran parlent lama. Ce sont Kandé, Atalotè, Pessidè, Tamberma-Ouest (Nadoba), Hélota, Akpontè et Ossacré.

Selon les vieux lama, les Lama sont venus à Kandé via Défalé, un village situé à 15 kilomètres au sud-est de Kandé, à la recherche de nouvelles terres. Peu à peu, ils ont élargi leur territoire vers l'ouest à Ataloté jusqu'à Ossacré, à 45 kilomètres à l'ouest de Kandé, en poussant les précédents occupants.

Les Lama pratiquent principalement une agriculture de subsistance et vivent en groupes familiaux entourés de leurs champs. Ceux qui vivent dans les villes ou les villages vont à pied à leurs champs. Autres professions exercées dans les villes comprennent les tailleurs et les couturières, les mécaniciens, les chauffeurs, les infirmiers, les enseignants, les fonctionnaires d'Etat, les coiffeurs, le clergé, les marchands et les forgerons.

Le missionnaire et linguiste André Prost2 (1903–1987) a écrit un article de grammaire sur lama en 19633. Un abécédaire a été produit pour catéchistes en 1971. Entre 1970 et 1973, le prêtre catholique Mattieu Beraud a traduit plusieurs portions sélectionnées de la Bible avec des prières et des chants pour la messe. Les catholiques se sont rendu compte que l'alphabet qu'ils utilisaient pour lama était insuffisant en symboles, mais ils ne disposaient pas des moyens pour les représenter. Le travail de SIL International parmi les Lama a commencé en février 1972 avec l'arrivée de (Richard) Neal Brinneman. En août 1979 sa femme, Carol, a rejoint le travail.

De nombreux livres de lecture, y compris des abécédaires, à des fins de promotion de l'alphabétisation étaient publiés entre 1972 et aujourd’hui. Le Nouveau Testament en Lama a été lancé en mai 1994. La traduction de l'Ancien Testament est en cours par une équipe de trois Lama et devrait être achevée vers 2019.

Présentement, en 2016, Neal et Carol Brinneman résident à Waxhaw, en Caroline du Nord (neal_brinneman@sil.org). Ils reconnaissent l'assistance gracieuse et indispensable de nombreux hommes lama depuis plus de 40 ans dans l'élaboration de ce dictionnaire trilingue.

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1https://www.ethnologue.com/17/language/las/

2Prost était un membre des Missionaires d'Afrique (Pères Blancs), de la Société d'Africanistes, et membre-fondateur de la Société des Linguistes de l'Afrique Occidentale. 

3Prost, André. Le lamba (Togo), Documents linguistiques, no. 5, 80 p. BGHV no. 757. 1963